Chat en ligne
La chambre baignait dans une pénombre dorée, éclairée seulement par la lueur bleutée de l’écran du téléphone d’Anne-Marie, posée contre l’oreiller. Les draps en coton égyptien, légèrement froissés par leurs corps, épousaient les courbes d’Anne-Marie, allongée sur le dos, une jambe légèrement fléchie, l’autre étendue avec une négligence sensuelle. Cyril, à ses côtés, était couché sur le ventre, la tête tournée vers elle, un bras passé sous sa nuque. Leurs peaux encore tièdes de leur dernière étreinte luisaient faiblement sous la lumière tamisée, leurs souffles ralentissant peu à peu dans l’air chargé de l’odeur musquée du sexe et de la sueur séchée.
Anne-Marie avait les doigts agiles, tapotant distraitement sur l’écran tandis qu’elle faisait défiler les messages. L’application, une de ces plateformes où l’anonymat permettait toutes les audaces, affichait des conversations en espagnol, une langue qu’elle maîtrisait assez pour y flirter sans se dévoiler tout à fait. Les hommes qui lui écrivaient ne connaissaient d’elle que son prénom et une photo floutée de ses lèvres entrouvertes, rouge à lèvres encore intact après leur dernière partie de jambes en l’air. Elle sourit en lisant un message particulièrement direct, les doigts de sa main libre traçant machinalement des cercles sur son ventre plat, juste au-dessus de la toison soyeuse de son pubis.
— Tu parles à qui, comme ça ? murmura Cyril, la voix rauque de sommeil et de désir résiduel. Il se redressa légèrement sur un coude, les yeux mi-clos mais brillants d’une curiosité amusée. Son autre main glissa le long de son torse, effleurant les poils drus de sa poitrine avant de venir se poser sur la hanche d’Anne-Marie, les doigts s’enfonçant légèrement dans sa chair ferme. Elle ne leva pas les yeux, un petit rire lui échappant. — À personne d’important. Juste des mecs qui veulent me faire leur cinéma. Elle inclina le téléphone vers lui, assez pour qu’il puisse voir l’écran sans forcer. Mira, este dice que me haría gritar hasta que los vecinos llamen a la policía. Elle traduisit, amusée : « Celui-là dit qu’il me ferait crier jusqu’à ce que les voisins appellent la police. » Cyril grogna, un sourire carnassier étirant ses lèvres. — Putain, il a de l’ambition, celui-là. Sa main quitta sa hanche pour remonter le long de son flanc, effleurant le côté de son sein avant de venir capturer un mamelon entre deux doigts. Il le pinça doucement, assez pour qu’elle sursaute, un filet d’air s’échappant entre ses dents. Et toi, ça te fait envie qu’on t’entende jusqu’à l’étage du dessous ? Elle écarta un peu les cuisses, comme si la question seule avait suffi à réveiller une chaleur entre ses jambes. Le téléphone trembla légèrement dans sa main. — Peut-être… murmura-t-elle, les yeux enfin quittant l’écran pour se poser sur lui. Mais c’est toi qui me fais crier, pas lui. Sa voix était teintée de défi, mais ses pupilles, dilatées, trahissaient son excitation naissante. Cyril se pencha, ses lèvres frôlant l’oreille d’Anne-Marie tandis que sa main descendait, glissant sur son ventre avant de s’insinuer entre ses cuisses. Il sentit la chaleur humide de son sexe avant même de l’effleurer, ses doigts traçant un chemin lent vers son clitoris déjà gonflé. — Alors réponds-lui, souffla-t-il contre sa peau, sa langue sortant pour lécher le lobe de son oreille. Dis-lui ce que tu aimerais qu’il te fasse. En détail. Ses doigts commencèrent à dessiner de petits cercles autour de son bouton sensible, assez pour la faire frissonner, mais pas assez pour la soulager. Et moi, je te montrerai à quel point c’est mieux en vrai. Anne-Marie haleta, les doigts serrant soudain le téléphone. L’idée était torride, perverse—exactement le genre de jeu qui la faisait mouiller instantanément. Elle cligna des yeux, fixant l’écran comme si les mots qu’elle allait taper pouvaient la brûler. — Tu es sérieux ? murmura-t-elle, même si sa main libre se referma déjà sur le poignet de Cyril, comme pour l’empêcher de s’arrêter. — Dead serious, bébé. Sa voix était un grognement sourd, ses doigts accélérant légèrement leur danse, juste assez pour qu’elle sente le plaisir monter, mais pas assez pour l’emmener où elle voulait. Allez. Jouons un peu. Elle mordilla sa lèvre, puis se mit à taper, les doigts tremblants d’anticipation. « ¿En serio crees que podrías hacerme gritar? » — « Tu crois vraiment que tu pourrais me faire crier ? » — envoya-t-elle, avant d’ajouter, plus provocante : « Dime cómo. Con detalles. » « Dis-moi comment. Avec des détails. » La réponse ne tarda pas. Les mots apparurent, crus, explicites, décrivant comment il l’attacherait au lit, comment il lécherait chaque centimètre de sa peau avant de s’enfoncer en elle jusqu’à ce qu’elle en perde la voix. Anne-Marie sentit son souffle devenir court, ses hanches se soulevant instinctivement contre la main de Cyril, cherchant plus de pression, plus de friction. — Putain… elle murmura, les yeux rivés sur l’écran. Il… il dit qu’il me baiserait jusqu’à ce que je ne puisse plus marcher. Cyril émit un rire bas, satisfait. — Mignon. Sa bouche descendit le long de son cou, mordillant la peau sensible juste au-dessus de sa clavicule, tandis que ses doigts glissaient enfin entre ses lèvres gonflées, la pénétrant de deux doigts sans prévenir. Mais moi, je vais te faire jouer le jeu jusqu’au bout. Elle gémit, les doigts agrippant le drap, le téléphone toujours serré dans sa main. « ¿Y si te digo que ahora mismo tengo los dedos de mi marido dentro de mí ? » « Et si je te dis que là, tout de suite, j’ai les doigts de mon mari en moi ? » Elle envoya le message avant de pouvoir se rétracter, un frisson la parcourant quand la réponse arriva presque instantanément, encore plus sale, encore plus insistante. — Il veut te voir, murmura Cyril, ses doigts allant et venant en elle avec une lenteur calculée, la faisant gémir. Il veut que tu lui montres à quel point tu es mouillée. Sa voix était un ordre déguisé en suggestion, et Anne-Marie sentit son cœur battre plus vite. Alors montre-lui. Elle hésita une seconde—juste une—avant de basculer le téléphone pour qu’il capture l’angle. Cyril écarta ses cuisses davantage, exposant son sexe luisant, ses doigts toujours enfouis en elle, tandis qu’elle prenait la photo, cadrant juste assez pour qu’on voie l’ombre de sa main entre ses jambes, la preuve indéniable de son excitation. « ¿Esto te gusta ? » « Ça te plaît ? » Le message suivant fut presque instantané, une série de mots en espagnol qui firent rougir Anne-Marie, même après des années de jeux érotiques avec Cyril. « Joder, sí. Quiero verte correrte con sus dedos dentro, ahora mismo. » « Putain, oui. Je veux te voir jouir avec ses doigts en toi, tout de suite. » Cyril grogna d’approbation, ses doigts s’enfonçant plus profondément, trouvant ce point en elle qui la faisait voir des étoiles. — Tu l’as bien cherché, murmura-t-il contre sa peau, sa voix un mélange de désir et de domination. Maintenant, tu vas lui obéir. Tu vas jouir, et tu vas lui envoyer la preuve. Anne-Marie nodda, incapable de parler, son corps tendu comme un arc. Les doigts de Cyril travaillaient en elle avec une précision diabolique, son pouce pressant sur son clitoris enflé, et elle sentit l’orgasme monter, inexorable, brûlant. « Me voy a correr… » « Je vais jouir… » murmura-t-elle, plus pour elle-même que pour l’inconnu de l’autre côté de l’écran, mais elle tapota les mots quand même, les envoyant juste avant que le plaisir ne l’emporte. Son dos se cambra, un cri étouffé s’échappant de ses lèvres tandis que les vagues de l’orgasme la submergeaient, ses muscles internes se contractant autour des doigts de Cyril. Il ne s’arrêta pas, prolongeant chaque seconde, chaque frisson, jusqu’à ce qu’elle soit tremblante, haletante, les doigts crispés sur le drap. Quand elle redescendit enfin, Cyril retira lentement ses doigts, les portant à sa bouche pour les lécher avec un grognement de satisfaction. — Parfaite, murmura-t-il, avant de lui prendre le téléphone des mains. Il tapa quelque chose rapidement, puis le reposa sur la table de nuit avant de se pencher sur elle, ses lèvres écrasant les siennes dans un baiser vorace, où elle pouvait goûter son propre désir sur sa langue. — Qu’est-ce que tu as écrit ? demanda-t-elle, la voix tremblante, quand il se dégagea enfin. Il lui offrit un sourire en coin, les yeux brillants de malice. — Je lui ai dit que la prochaine fois, ce serait sa queue que tu aurais dans la bouche… pendant que je te prends par-derrière. Il se laissa retomber à côté d’elle, une main possessive sur sa cuisse. Maintenant, dors, bébé. Demain, on a du pain sur la planche.